L'impact et l'action pour le bien commun

Mis à jour : févr. 12





Kalina Raskin est la directrice générale du Ceebios, le centre national d’études et d’expertise dans le domaine du biomimétisme. Son profil transversal qui mêle ingénierie physico-chimique et biologie est le résultat de son appétence pour les sciences et sa volonté d’agir pour la transition écologique. Elle a d’abord contribué au développement du biomimétisme en France au sein de l’ONG Biomimicry Europa et de Paris Région Entreprises. Depuis 2014, elle dirige le Ceebios avec l’ambition de déployer le biomimétisme pour accélérer la transition des acteurs privés et publics.


Selon vous, quels sont les principaux freins à la transition des entreprises vers une économie durable ?

Un premier frein est l’uniformité des schémas de pensée. Les entreprises doivent pouvoir diversifier leurs profils et intégrer des « sachants » dans le domaine de l’écologie scientifique pour comprendre pleinement le problème de non compatibilité biologique de l’économie conventionnelle.

Un second frein réside dans la problématique déjà reconnue d’une comptabilité des entreprises qui ne tient pas compte aujourd’hui des impacts environnementaux.

Enfin, la méconnaissance ou le mépris de modèles économiques alternatifs, qui pourtant se multiplient.

Vous êtes signataire de La Tribune parue dans Les Échos, pourquoi soutenez-vous l'initiative de la Convention21 ?

Le rôle premier d’une entreprise devra être l’impact et l’action pour le bien commun*. Les citoyens avancent aujourd’hui plus vite que les entreprises dans la mobilisation et l’action, révélant ainsi à la fois l’inertie organisationnelle et structurelle de ces dernières. Bien entendu, le défi de la transformation est immense tant le changement doit être radical, remettant en question les valeurs profondes de l’entreprenariat et du travail. Quelle sera notre œuvre collective pour les vivants ? La Convention 21 est une remarquable initiative pour les entreprises de partager leurs engagements, leurs doutes mais aussi leurs peurs et les surmonter.


*il peut être utile de rappeler l’étymologie du mot « entreprise » à savoir « prendre entre ses mains »

Pour vous, la Convention21 sera une réussite si…

Si des entreprises de toutes tailles et tous secteurs parviennent à s’accorder sur des objectifs ambitieux à la hauteur des enjeux, de l’urgence et des attentes morales croissantes des citoyens.


Pour conclure, la Convention21 en trois mots clefs ? Intégrité, cohérence, biocompatibilité !